Le Journal Canadien des Affaires - The Canadian Business Journal: Association canadienne des eaux potables et usées Association canadienne des eaux potables et usées -------------------------------------------------------------------------------- Il y a eu un temps où le Canadien moyen pensait à l'eau du robinet seulement lorsqu’il fallait décider combien de temps la laisser couler avant que l’eau soit suffisamment froide. Peu de personnes pensaient aux produits chimiques potentiels ou aux polluants flottant dans l'eau. Maintenant, le public est beaucoup plus prudent, dramatique même. Nous buvons de l'eau embouteillée et nous avons des systèmes de filtration supplémentaires sur nos robinets ou nous utilisons des récipients frigorifiés avec filtreurs. Évidemment, les situations d'urgence comme la tragédie de Walkerton ont fait peu pour apaiser les craintes. Idéalement, les Canadiens devraient atteindre un juste milieu entre ne pas se soucier du tout de la qualité d'eau et être trop prudent, se situant confortablement à un niveau de sensibilisation instruite. C’est du moins ce que l’Association canadienne des eaux potables et usées (ACEPU) voudrait voir. Fondée en 1986, l'ACEPU est une organisation à but non-lucratif qui représente l'intérêt commun des systèmes municipaux d'eau potable et d'eaux usées du Canada auprès du fédéral et des provinces. Reconnue comme une voix nationale dans ce secteur de service public, les objectifs de l'ACEPU sont clairs : recommander des politiques raisonnables et une législation pertinente; améliorez les partenariats, créer des réseaux de contacts et de partage de l'information; encouragez la recherche efficace; créez une meilleure sensibilisation publique et corriger les conceptions erronées. Bien que leurs priorités soient avant tout avec la sécurité publique, l'ACEPU a peu d'intérêt pour les perceptions d'alarmiste au sujet de la qualité d'eau. Duncan Ellison, directeur exécutif à l'ACEPU, s’occupe chaque jour de questions liées à l'eau et ne voit aucune raison de se méfier de l'eau du robinet. « Nos normes de qualité d'eau sont très élevées », assure-t-il. Ellison explique que pendant les quelques dernières décades, il y a eu des augmentations significatives dans le nombre de directives au sujet de la qualité de l'eau dans chaque province. « Dans une province, par exemple, l'eau potable avait l'habitude d'avoir seulement quatre paramètres auxquels elle devait se conformer; maintenant il y en a plus de cent. » Effectivement, il y a eu une augmentation du nombre de polluants pour lesquels les municipalités effectuent des tests. Avec plus de tests vient un plus grand nombre de processus de traitement pour garantir que les polluants en question peuvent être enlevés. Plus grand focus sur les eaux usées Les normes supérieures de qualité ne sont pas limitées à l'eau potable. Le même soin commence à être apporté aux eaux usées, aussi. Dans les premières années, le focus du traitement d'eaux usées était d’adresser les problèmes biologiques du chloroforme et d'autre pathogènes. Maintenant, le focus se déplace vers les phosphoreux et les nitrates qui causent une végétation maladive dans les systèmes de rivière et affectent le système aquatique lui-même. Il y a aussi le problème des métaux lourds venant des renvois industriels qui trouvent leur chemin dans les égouts. « Nos normes d'eaux usées ont même augmenté pour détecter les résidus de produits de soin personnel et de produits pharmaceutiques », dit Ellison. « Si nous prenons un comprimé et qu’un peu de cela quitte le corps non consommé, ça se retrouve dans le système des eaux usées et ensuite dans le système de rivières et finalement cela revient à l'eau potable. Nous avons la capacité d'identifier ces résidus et éviter les risques potentiels. » Bien qu'il soit bon que nous ayons les compétences et la technologie pour enlever ces polluants, cela soulève la question de son implication. « Notre capacité à détecter ces choses est extrêmement précise, mais quelle est la signification ? » demande-t-il. « Quel est l'effet de la consommation d'eau qui contient le millionième d'une aspirine ? Cela fait-il une différence ? Nous ne savons pas. » « Il semble que notre capacité à détecter la présence de produits chimiques dans un système d'eau évolue beaucoup plus vite que notre capacité à évaluer les conséquences de la détection », continue Ellison. « Il y avait un temps où les parties par million étaient un niveau adéquat de détection de la qualité de l’eau et maintenant nous en sommes rendus aux parties par milliard et, dans certains cas, les parties par trillion. » Malgré notre incertitude des effets des résidus, les médias peuvent être impitoyables, publiant des articles avec des titres qui lisent « les produits pharmaceutiques résiduels trouvés dans l'eau potable ». Le public réagit en conséquence, paniquant au sujet de la sécurité de leur eau de robinet. « Le problème avec ces rapports, c’est qu’ils gouvernent les législateurs et leurs chefs politiques », dit Ellison. « Le Ministre de l'Environnement lit ces titres lui aussi. Il sait que l'opposition viendra demander ce qu'il va faire avec cela. Alors, temps et argent sont dépensés sur quelque chose que nous ne comprenons pas complètement. » Évaluer le risque Après que sept personnes soient mortes et 2,500 personnes soient devenues sérieusement malades à cause de la contamination dans la réserve d’eau de Walkerton, Ontario, cela semble raisonnable que le public ait commencé à prêter plus d'attention à ce qu’ils buvaient. Pour l'ACEPU, pourtant, Walkerton était un exemple d'incompétence qui a été suivi par des millions de dollars de dépenses ajoutées pour des services publics qui n'avaient jamais rencontré le problème, ainsi que des conceptions erronées au sujet de la salubrité de l'eau potable. Ellison utilise le cas Walkerton pour entrer dans les détails sur l'évaluation de risque et les décisions de budget ultérieures. Pour lui, les gouvernements des provinces ont réagi à la panique et ont dépensé de l'argent sur un problème qui était basé sur une situation et contenu à une communauté « La gestion de risque se résume à la situation la plus à craindre », maintient Ellison. « Des millions sont dépensés pour prévenir des événements rares qui sont effrayants, mais moins d'argent va à la prévention des incidents quotidiens, comme les morts reliées à l’automobile. Nous sautons tous dans nos véhicules avec confiance, bien que nous n'ayons aucune idée ce qui s’en vient. Cependant, nous gaspillons plus d'argent sur les accidents d’avions et les accidents nucléaires. Nous semblons juste ne pas être capables de faire ces analyses comparatives de risque et c'est la même chose avec la qualité de l'eau. » Oui, il y a des situations qui se produisent de temps en temps dans lesquelles la qualité de l'eau est compromise — quand il y a une tempête massive de pluie ou une inondation, par exemple. Mais même alors, la plupart des villes inhibent ces risques en prenant des mesures correctives. Ellison prend en exemple une ville importante de l’ouest du Canada où le gouvernement municipal a demandé au public de réduire toute consommation d'eau. « Ils ralentissaient le processus de traitement pour garantir que toute eau qui a survécu au processus était sûre », dit-il. « Il y a des mesures pour faire des choses comme cela, par exemple, et les employés des villes feront tout le nécessaire parce qu'ils sont des fonctionnaires. » Regarder vers le futur L'ACEPU est un service public qui continuera à être pertinent et nécessaire alors que les paramètres de qualité de l'eau potable sont révisés et que la technologie de traitement se développe. « Il y a une évolution continue dans les règlements et les attentes publiques sur la qualité d'eau livrée et des eaux usées renvoyées », dit Ellison. Une initiative en cours de développement est celle de former des politiques de position harmonieuses et des règlements sur l'utilisation des résidus des eaux usées (généralement décrit comme bio-solides). « Ce matériel organique qui survit au processus de traitement peut être utilisé de façon bénéfique pour comme suppléments sur des terrains agricoles, lorsque correctement traité », explique Ellison. « Nous pouvons récupérer des choses comme les phosphates et les nitrates des eaux usées sous forme de produits chimiques cristallins et les utiliser pour remplacer ceux qui ont été extraits de la terre en Saskatchewan et vendus comme engrais. » « De façon intéressante, l'association de phosphate du monde prédit qu'il y a 100 ans de réserve de phosphates connues», ajoute Ellison. « La capacité à récupérer ces nutriments des eaux usées et de les réutiliser sera essentielle, si nous voulons rencontrer le besoin de production agricole dans l'avenir. » Peu importe ce que l'avenir apporte, l'ACEPU continuera à faire de la qualité de l'eau sa priorité numéro un, garantissant que les systèmes d'eau sont contrôlés de près et régulés par les gouvernements provinciaux et territoriaux. À ce titre, l'organisation espère que les gens développeront un niveau supérieur de confiance en leur eau potable. « L'ACEPU veut que le public comprenne que les gens qui travaillent dans ce secteur sont des professionnels qui sont dévoués à la livraison d’une eau potable sûre parce qu'ils en boivent eux-mêmes », dit Ellison. « Leurs familles en boivent. C'est quelque chose que nous voulons que les gens comprennent. Nous avons leurs meilleurs intérêts en tête. »