Le Journal Canadien des Affaires - The Canadian Business Journal: Canadian Association for Prawn Producers Canadian Association for Prawn Producers -------------------------------------------------------------------------------- Bruce Chapman est le directeur exécutif de la Canadian Association for Prawn Producers (CAPP). Il a commencé dans l'industrie en 1977 — la même année que le Canada a mené le monde en étendant sa juridiction de pêcheries à 200 miles. Après cela, les États-Unis ont suivi ainsi que d'autres pays jusqu'à ce que la zone de 200 miles soit incorporée dans la loi de la Convention Marine de 1982. « C'était une époque excitante dans l'industrie », se souvient Chapman. « À ce moment-là, la plupart des flottilles de pêche au large étaient très près des côtes canadiennes ce qui nous donnait plus de contrôle dans la gestion des ressource. » La CAPP n'était pas là au cours des années 1970 pour encourager l'idée. Mais comme les représentants des intérêts de la pêche aux crevettes au large dans l’est du Canada, la gestion des ressources est un secteur dans lequel la CAPP est hautement investie. Fondée en 1992 comme une association sans but lucratif, la CAPP a le large mandat d'adresser le problème des ressources de pêche, aussi bien que les problèmes du marché. « Comme thème général, l’association a été établie comme un mécanisme dans lequel discuter des problèmes et des intérêts communs et communiquer ensuite ceux-ci au gouvernement. Parce que l'industrie de la pêche – plus particulièrement du côté de la récolte — était régulée au niveau fédéral, il y avait beaucoup de questions à discuter. Pour donner une meilleure idée de l'industrie, la pêche aux crevettes est une opération qui se déroule durant l'année entière et qui a commencé au cours des années 1970 en tant que pêcherie organisée. La récolte se fait dans les canaux et le long du bord de la plate-forme continentale, de l'Île de Baffin à Terre-neuve, près de la limite des 200 miles. Il y a environ 400$ millions investis dans la pêche aux crevettes au large au Canada atlantique avec des ventes annuelles de près de 250$ millions. Quant aux emplois, l'industrie emploie 800 personnes sur les vaisseaux toute l'année, essentiellement dans les régions rurales de Terre-neuve et de la Nouvelle-Écosse. À terre, l’industrie soutient 2,000 personnes dans différentes communautés rurales de pêche. Les pêcheries distribuent 10$ à 15$ millions de dollars chaque année à ces communautés en échange de leurs quotas de pêche. Flux et reflux Les bonnes nouvelles sont que l'industrie vient de traverser une période d'environ 10 ans de croissance des ressources. Chapman explique que les conditions de l'environnement ont été idéales pour la crevette qui est une espèce d'eau froide et qu’il y a eu un régime d'eau froide durant la dernière décade. « Associée à cela était la diminution de certains de leurs prédateurs, comme la morue », dit Chapman. « En raison du nombre réduit de prédateurs et des conditions favorables de l'eau, la population de crevette a prospéré dernièrement. » Il n'y réellement a aucune mauvaise nouvelle, du moins nous l’espérons, mais la population de crevettes s'est certainement stabilisée. Maintenant les pêcheries doivent commencer à développer une meilleure compréhension des conditions auxquelles ils feront face dans les 10 prochaines années — sont-ils dans une période de viabilité ou vont-ils voir le cycle balancer de l'autre côté? « C'est un problème important », affirme Chapman. Un autre aspect de l'industrie qui présente un défi est celui du marché. « Nous avons vu la production mondiale de crevettes augmenter dans les 5 dernières années », note Chapman. « L'augmentation est essentiellement causée par la crevette cultivée en eau chaude en Asie. À la suite de l'augmentation des réserves, les prix ont baissé. Ajoutez à cela le déclin économique et les prix deviennent encore plus mauvais. Nous avons atteint un stade critique de nos affaires où l'économie est vraiment un défi.» Tout le monde dans l'industrie cherche des façons de surmonter l'obstacle, qu’il s’agisse de diversifier les marchés ou d’analyser de nouveau la structure de prix. Viabilité Les quotas de pêche sont essentiels, sans eux les pêcheries de la crevette ne seraient plus en affaires. « Des réserves durables sont inestimables pour nous », explique Chapman, « surtout au Canada. La stratégie de récolte au Canada est la plus conservatrice au monde, du moins parmi celles que je connais. Nous exploitons cette ressource à un taux d'environ 15% par an. En comparaison, d’autres juridictions telles que le Groenland ou la Norvège les exploitent à 30 ou 40%. » « Nous avons une approche de gestion conservatrice », ajoute Chapman. « C'est pour cela que nos pêcheries sont entrées dans l'évaluation complète pour être considérées pour la certification par le Marine Stewardship Council (MSC)." Le MSC est une entité indépendante qui s'est donné le mandat d'être un organisme de certification indépendant pour les pêcheries durables dans le monde. « Le processus prend environ une année à compléter, » explique Chapman. « Ils ont établi des indicateurs de performance et des principes qui s'occupent de trois items : la viabilité de la pêcherie dirigée, l'impact sur un écosystème et la solidité du système de gestion. » Si les pêcheries passent l'évaluation en rencontrant la norme globale du MSC pour les pêcheries durables et bien gérées, le CAPP et la Northern Coalition seraient les détenteurs du certificat MSC. Les produits de la crevette des détenteurs des 17 permis pour la pêche à la crevette au large dans ces pêcheries auraient alors les droit d’afficher l'éco-étiquette de MSC comme un indicateur aux acheteurs de fruits de mer dans le monde de la viabilité de ces pêcheries. C'est important pour Chapman de distinguer l'industrie de crevette de l'Atlantique des autres industries dans le monde qui ne sont pas si circonspects. « Je suis inquiet quand la pêche à la crevette est décrite dans d'autres parties du monde, comme dans le Golfe du Mexique ou l'Asie du Sud », dit-il. « Quelquefois c’est décrit comme une affaire qui gaspille beaucoup parce que les prises accessoires peuvent être plus élevées que celles de la crevette elle-même. Il y en a beaucoup qui est rejeté à la mer dans ces endroits. Au Canada, nous nous occupons d'une industrie qui est complètement différente. Notre secteur a en fait reçu un prix de l'environnement du gouvernement de la Nouvelle-Écosse au cours des années 1990. Nous avons introduit une grille séparatrice qui va dans le filet et sépare le poisson à nageoire de la crevette; en général, notre prise accessoire est de moins de 2%. C'est une des pêcheries les plus propres dans le monde à cet égard.” La Canadian Association for Prawn Producers aura des affaires prospères et durables pendant les années à venir. Chapman assure qu'ils accompliront leur but en surveillant les réserves et le marché. Aperçu du secteur de la pêche à la crevette au large * 12 mois de pêche depuis les années 1970. * Prend place dans les canaux et le long du bord de la plate-forme continentale, de SFA1 de l'Île de Baffin jusqu’à SFA7 près de la limite de 200 miles. * 17 détenteurs de permis au Québec, dans le Canada atlantique et le Nunavut; inclut 4.5 licences détenues par des intérêts autochtones. * 400$ millions en investissements; 50$ millions dépensés en marchandises et services annuellement; environ 10$ millions en contributions annuelles en argent envers des groupes d'intérêt spéciaux par l'achat « de quotas de redevance » (environ 40 % de notre accès total). * Environ 800 emplois directs (environ le même nombre que la pêcherie côtière à Terre-neuve et au Labrador). * Soutient indirectement l'emploi de 2,000 ouvriers supplémentaires au Québec, au Canada atlantique et au Nunavut, principalement dans des zones rurales. * Produit 3 catégories de produits non-décortiqués : (1) de « larges » crevettes congelées crues en paquets de 1 kg essentiellement pour le Japon, (2) des crevettes cuites de taille « moyenne » congelées dans des paquets de 5 kg essentiellement pour la Russie et la Chine et (3) des « petites » crevettes congelées crues dans des paquets de 18-20 kg essentiellement pour Terre-neuve et l'Islande.