Le Journal Canadien des Affaires - The Canadian Business Journal: Association des transitaires internationaux du Canada - ATIC Association des transitaires internationaux du Canada - ATIC -------------------------------------------------------------------------------- Il est probablement prudent de supposer que la plupart des Canadiens tiennent pour acquis que beaucoup de notre nourriture, nos vêtements, nos appareils électroniques, nos appareils de communication et le carburant avec lequel nous faisons le plein provient de l'extérieur du pays. La plupart d'entre nous sommes des utilisateurs du produit final; on achète des articles avec peu de considération pour l'endroit d’où ils viennent et pour la façon dont ils sont arrivés ici. Bien que cette caractéristique ne soit pas exactement engageante, nous pouvons être assurés que quelqu'un, quelque part connaît les réponses. Il y a quelques semaines, JCA a pu faire la connaissance de deux de ces personnes au bureau de l’Association des transitaires internationaux du Canada dont le siège social est à Toronto, en Ontario. Marc Bibeau et Ruth Snowden sont respectivement le président et la directrice exécutive de l'ATIC. Ils se sont assis avec moi pour parler de l'association, de ses mandats et des membres qu'elle représente. Premièrement, un peu d’histoire. L’ATIC a été fondée il y a 61 ans à Montréal, par cinq hommes qui étaient actifs dans le fret maritime – à l’époque le fret aérien international n'était pas encore établi. Aujourd'hui, l'association est composée d'environ 230 d’entreprises membres réguliers qui agissent comme transitaires internationaux, gérant du fret aérien et maritime à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du Canada. L’ATIC a aussi 130 entreprises membres associés qui offrent des services à ses membres (à savoir des compagnies aériennes, des compagnies de navigation et des compagnies de camionnage). Au total, l'industrie du transport de fret représente un marché estimé à 10 à 12 milliards de dollars au Canada. «ATIC a trois principaux focus », dit Snowden. «Premièrement, un travail de soutien et de plaidoyer, qui a commencé parce que nous voulions avoir une présence de l'industrie au sein du gouvernement fédéral. Nous ne maintenons pas un groupe de lobbying officiel à Ottawa, mais nous nous battons et argumentons pour le compte de nos membres. Par exemple, nous fournissons les opinions et le point de vue des parties prenantes à l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). » «ATIC offre aussi des opportunités de réseautage», poursuit-elle. «Nous avons des bénévoles régionaux à Montréal, Vancouver et Toronto qui organisent toutes sortes d'activités pour les membres, comme notre dîner Forwarder's Choice Awards. » « Notre troisième mandat est de s'assurer que les employés de nos entreprises membres ont accès à une formation et de l'éducation de classe mondiale dans le commerce international et l'expédition de fret. Nous avons un programme de certificat de niveau collégial et un certificat d'études supérieures reconnus au niveau international. Ces programmes sont offerts à Montréal, Vancouver, Toronto et Calgary et se déroulent sur une période de 26 semaines. ATIC a aussi investi dans une plateforme d’apprentissage en ligne, de sorte que ces programmes de certification sont disponibles partout dans le monde. » «Notre raison d'être est la valeur aux membres», résume Bibeau. « Nous prenons les préoccupations des membres et les amenons à ces trois disciplines, travaillant dans leur intérêt. » Préoccupations de l'industrie Les transitaires ont beaucoup sur leur assiette en ce moment. Pour commencer, l'économie n'a pas été trop bonne ces derniers mois. Les taux et les volumes ont chuté à des niveaux non viables – de 25% jusqu’à 50%, selon le mode de transport. Ajoutez à cela ce que Bibeau appelle le «huard bipolaire », qui monte et tombe sur un caprice. « Cela a un impact énorme au niveau mondial sur les coûts d'exploitation», dit-il. En raison de la nature mondiale de l'industrie du fret, Bibeau parle des défis auxquels les membres font face sur une base quotidienne. «Un grande partie de la complexité vient des normes gouvernementales internationales et du respect des normes dans les différents pays», explique-t-il. « Vous devez également considérer le prix du pétrole et la façon dont les coûts et les devis sont impactés. Nos membres comptent sur nous pour les aider à faire face à ces changements, nous devons être bien informés, à jour et compétents. C’est pourquoi nous envoyons chaque jour un bulletin électronique de mises à jour sur les prix internationaux, les changements réglementaires, les exigences électroniques et les sanctions ». Peut-être le plus gros problème présentement pour ATIC est la façon dont l'attention récemment portée à sur la sécurité des frontières affecte la fluidité de la circulation du fret. Après les attentats du 11 septembre 2001, le rôle de l’Agence des services frontaliers du Canada a changé fondamentalement pour inclure la sécurité publique, ce qui signifie appliquer les règlements sur l'inspection de conteneurs. «Nous avons remarqué une augmentation des arrêts à l'écoulement de la cargaison, et la fluidité est tout dans notre industrie», dit Snowden. « Dans leur besoin d'évaluer la sécurité, l'agence a entravé le flux au détriment des importateurs et des exportateurs canadiens et de l'industrie, dans son ensemble. Par exemple, nous avons eu une palette retardée d'une semaine, parce que les douanes voulaient l'examiner, mais qu’ils n’avaient pas les moyens de le faire. Ce nouveau programme a causé beaucoup de retards, de confusion et de coûts pour le système d'administration. Et le coût n'est pas quelque chose que nous avons vraiment besoin de faire monter en ce moment. » En réponse à ces changements, l'ATIC a été activement impliquée et engagée auprès de l'agence, par l'intermédiaire d'une sous-commission appelée le CCACF (Comité consultatif sur les activités commerciales à la frontière). «Nous travaillons en harmonie avec l'ASFC », maintient Bibeau. « Ce n'est pas l'un contre l'autre. Ce qui est important est que les organismes de réglementation n'ont pas toujours l'expérience ou les compétences pour la transition de certains de ces défis. Ils légifèrent des changements sans avoir les connaissances au jour le jour de l'industrie. C'est pourquoi nous travaillons sur une relation plus étroite avec l'ASFC pour prendre une plus grande part à la discussion. » « Nous approuvons pleinement la sécurité du territoire », ajoute Bibeau. «Mais le gouvernement doit être plus réaliste en ce qui concerne nos infrastructures archaïques et le manque de fonds et de ressources. Ce que nous avons n'est nulle part près de ce qu'ils ont prévu dans leur stratégie de sécurité. Pour supporter ces initiatives, ils doivent investir ». Jusqu'à présent, il n'y a pas eu de résolutions concrètes, mais l'ATIC est confiante qu'elle a été entendue. Bibeau et Snowden restent optimistes que la CCACF pourrait obtenir des résultats dans l'avenir. Là pour rester ATIC est une association qui continuera d'être importante tant que le commerce international existera. Les personnes intéressées à devenir membres devraient savoir qu'ils signent pour une valeur réelle. « Faire partie de l'ATIC comme compagnie ou entrepreneur a d'énormes avantages», explique Bibeau. «La sensibilisation, l'éducation, les occasions de réseautage, la gouvernance et la conformité sont inestimables. » La logistique est l'une des industries les plus dynamiques au monde. Et parce que le commerce mondial ne montre aucun signe de ralentissement, il va de soi que nous devrions promouvoir et maintenir l'industrie canadienne des transitaires et les travaux de l’ATIC.